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Photo du plan d'eau de Fleurville Photo du plan d'eau de Fleurville

Du diagnostic au projet : adapter la centrale aux enjeux du site

Un site exigeant, un projet à concevoir avec précision

L’état initial a mis en évidence un site d’une richesse écologique remarquable, caractérisé notamment par :

  • La présence de zones humides sur la quasi-totalité de sa superficie.
  • Des habitats naturels patrimoniaux, dont plusieurs d’intérêt européen (Natura 2000).
  • Une faune diversifiée et remarquable (oiseaux paludicoles nicheurs, chauves-souris, libellules rares…).
  • Une position stratégique dans les continuités écologiques de la vallée de la Saône.

Cette richesse n’est pas un obstacle au projet, mais elle en définit les conditions de réalisation. La séquence ERC (Éviter – Réduire – Compenser) constitue la feuille de route pour concevoir un projet qui soit à la fois une réponse à l’urgence climatique et respectueux du vivant qui l’accueille.

Les grands principes de conception du projet

1. Éviter les secteurs les plus sensibles

La définition de l’emprise du parc flottant devra exclure les zones à enjeux écologiques forts ou très forts :

  • Les prairies alluviales inondables à Laîche à épis noirs (enjeu fort), qui bordent l’ouest et le nord-est du plan d’eau.
  • La zone de vases exondées au nord, habitat unique du Tétrix des plages et de nombreux odonates.
  • Les roselières et berges utilisées par le Phragmite des joncs pour nicher.
  • Les boisements riverains et l’îlot central, gîtes potentiels pour les chiroptères et les oiseaux.

L’implantation des panneaux flottants devra se concentrer sur le plan d’eau lui-même, en préservant une frange périphérique libre de toute installation, permettant le maintien des végétations aquatiques (Myriophylle en épi, Nénuphar jaune) et l’accès des espèces à l’eau.

2. Réduire les impacts pendant les travaux

La phase de chantier est souvent la plus perturbatrice pour la nature. Plusieurs mesures de réduction seront impératives :

  • Adapter le calendrier : interdire les travaux à proximité des zones de nidification des oiseaux sensibles entre avril et fin juillet.
  • Baliser les zones sensibles avant le début du chantier pour protéger les espèces patrimoniales végétales (Laîche à épis noirs, Œnanthe à feuilles de Silaüs) et les habitats humides.
  • Éviter tout apport de matériaux susceptibles d’introduire des espèces envahissantes sur un site qui en compte déjà 16.
  • Limiter les mouvements d’engins aux zones prévues, sans empiéter sur les prairies humides.

3. Réduire les impacts en phase d’exploitation

Une fois le parc en fonctionnement, la conception des équipements intègre elle aussi des mesures environnementales :

  • Laisser libres les abords immédiats du plan d’eau pour permettre la continuité des habitats de berge et le déplacement de la faune.
  • Limiter les effets de surplomb des panneaux sur la végétation aquatique pour préserver la transparence lumineuse de l’eau, essentielle à la vie des hydrophytes et des poissons.
  • Gérer les câbles et structures de façon à ne pas créer d’obstacles ou de pièges pour les oiseaux plongeurs et les chauves-souris.
  • Proscrire tout éclairage artificiel nocturne sur le site, qui perturberait l’activité des 16 espèces de chauves-souris et des oiseaux migrateurs.
  • Maintenir une gestion extensive des prairies autour du parc, en conservant notamment les pratiques de fauche tardive favorables aux espèces des prairies humides.

4. Anticiper la compensation

Si, à l’issue de la conception détaillée, des impacts résiduels significatifs ne peuvent être évités ni réduits, des mesures compensatoires devront être définies. Elles pourraient consister, par exemple, en la restauration de prairies humides dégradées dans la vallée de la Saône, ou la mise en gestion écologique de parcelles bocagères à proximité. Ces mesures seront définies en concertation avec les services de l’État.

Et la suite ?

L’état initial présenté ici constitue la première brique de l’étude d’impact. Les prochaines étapes seront :

  1. La définition précise de l’implantation du parc : quelle surface de plan d’eau ? Quelle orientation des panneaux ? Quels accès ?
  2. L’analyse détaillée des impacts de cette implantation sur chacun des enjeux identifiés.
  3. La définition du programme de mesures ERC et son intégration dans le dossier de demande d’autorisation.
  4. L’instruction par les services de l’État et la consultation du public.

Ce site sera régulièrement mis à jour pour vous tenir informés de l’avancement de ces étapes. N’hésitez pas à nous contacter si vous avez des questions.